Quel bénéfice pour les jeux d’entraînement à la mémoire ?

Publié le par Agnès Lenoire

 

 

Nintendo-f-minin.jpgLe 1er mars 2009 j’avais écrit un article « L’entraînement cérébral Kawashima revient à se tourner les pouces » afin de rendre compte des résultats d’une étude sur le sport cérébral du docteur Kawashima, lequel avait vécu son heure de gloire dans les médias en ce printemps 2009. Alain Lieury y montrait que par rapport aux groupes d’enfants témoins (un ne faisait rien, l’autre jouait à la Nintendo, le dernier faisait des jeux « Mickey-parade »), le groupe d’enfants sur le jeu Kawashima ne retirait aucun bénéfique significatif.

 

Cette fois-ci, c’est Adrian Owen, chercheur en neurosciences à l’université de Cambridge, qui s’est attelé à la tâche d’évaluer les jeux d’entraînement cérébral chez les sujets plus  âgés, plus précisément sur  11 430 personnes de 18 à 60 ans. Ses résultats sont aussi décevants que ceux d’Alain Lieury. Aucun bénéfice cognitif n’apparaît chez les utilisateurs de jeux d’entraînement par rapport à ceux qui pratiquent des recherches sur internet. Son étude est critiquée parce qu’on ne peut comparer des  recherches sur internet à un entraînement cérébral.

 

Malgré les critiques, tous les chercheurs s’entendent sur un point : les performances de la mémoire dépendent de la masse des connaissances accumulées, mais aussi de sa variété, et du nombre de connexions de  nos neurones. Les gains obtenus dans un domaine ne sont pas transposables à toute la mémoire. Si on s’entraîne à la mémoire des chiffres grâce à un jeu, on deviendra meilleur en mémoire des chiffres, rien de plus, mais on n’améliorera pas son champ lexical, et inversement, si on est fort en scrabble, on ne sera pas pour autant un foudre de guerre en sudoku.

 

Des chercheurs de l’INSERM ont suivi pendant quatre ans une cohorte de 6000 seniors de 65 ans et plus. Ceux qui pratiquaient deux fois par semaine des activités intellectuelles diverses avaient deux fois moins de risques de développer une démence ou Alzheimer que ceux qui les pratiquaient moins.

Étude publiée dans Neurology en 2009.

 

Source : Le Monde de dimanche 26-lundi 27 septembre 2010

Publié dans Sciences

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