Astrologie et météorologie

Publié le par Agnès Lenoire

lune_ciel_brouillard_bleu.jpgIl est un lieu commun qui parcourt les conversations de comptoir : le peu de fiabilité des prévisions météo.  Tout le monde s’accorde là-dessus ; mais chacun, tout en sachant la déception qui en suivra, s’accroche pourtant au petit écran, TV, mobile ou ordi, pour connaître le temps demain, après-demain, et même encore plus loin. Il arrive même qu’on entende : « Ils prévoient un été de canicule », alors qu’on n’est parfois qu’au début du printemps. Notre obsession à aller chercher des informations météo aléatoires n’a d’égale que celle qui pousse à regarder son horoscope.

 

Car, à y bien regarder, les deux disciplines, météorologie et astrologie, rassemblent pas mal de points communs. On aime ça, d’abord. Les émissions météo sont celles qui ont le plus d’annonceurs parce qu’elles ont le plus de spectateurs. L’astrologie, elle, pavoise  dans toutes les émissions, même sur FR5, en s’y creusant une place de choix, sans rencontrer aucune résistance. J’en veux pour preuve l’émission C à vous de jeudi 24 décembre  où Christine Haas était reçue avec force sourires et complaisance. Il est de bon ton de prendre l’astrologie comme une pratique amusante, bien qu’elle soit, de l’avis général, imprécise, parfois fausse. Mais le bénéfice du doute lui est toujours laissé, au nom d’un ciel toujours mystérieux et inaccessible. La météorologie, elle aussi, semble décrypter un ciel toujours surprenant et incompréhensible… Et l’on supporte alors volontiers erreurs et doutes, au nom du mystère et de notre incapacité persistante.   Sauf que la météorologie est exercée par des scientifiques et que l’étude du climat  est une science. Bien, mais même si je ne rejoins pas les climato-sceptiques, je pense toutefois qu’aucune prévision fiable n’est possible sur le long terme au sujet du climat. Pour obtenir des prédictions vraies, il faudrait maîtriser tous les paramètres. Ni les climatologues ni les météorologues n’ont  cette prétention. Ce sont donc les médias qui l’ont pour eux, cette prétention, et tout ceci donne une impression de « jeux de fléchettes ».

 

La mise en scène télévisuelle de la séquence « météo » donne lieu à un rituel, comme un habillage à quelques faits célestes que l’on va interpréter. Il y a une carte géographique, immuable, stable, des masses atmosphériques mouvantes, des vents contraires, des zones de turbulence, de dépression, d’anticyclone… Heureusement, des gens très bien informés vont, parce qu’ils maîtrisent toute cette complexité, nous décrire ce qui se passera demain après-demain, dans une semaine. Et nous déverseront les conseils qui vont avec : ne prenez pas froid, restez chez vous s’il neige, ne prenez pas la route dans la tempête.

 

La mise en scène astrologique donne lieu à un rituel, comme un habillage à des faits célestes que l’on va interpréter. Il y a un thème astral, carcasse incompréhensible du grand public où naviguent des planètes, maisons, influences, constellations, conjonctions dramatiques et alignements apocalyptiques…. Heureusement des gens très bien informés vont, parce qu’ils maîtrisent toute cette complexité, nos décrire ce qui se passera demain, après-demain, dans une semaine. Et nous déverseront les conseils qui vont avec : ne vous emportez pas, soyez volontaires, patients, tolérants, prudents.

 

La démarche est donc strictement la même : notre angoisse du futur et notre désir de connaître l’avenir sont largement exploités aussi bien en astrologie qu’en météorologie télévisuelle. Je suis persuadée que les résultats du travail des météorologues sont plus sérieux et moins prétentieux que ce que les médias nous recrachent. Le conformisme est inhérent à l’astrologie, il s’empare aussi de la diffusion de la météorologie, et on le voit prendre ses aises dans un milieu très fréquenté du grand public, le meilleur endroit pour la propagande.

Petit jeu :

Voici deux phrases. Laquelle est édictée par l’astrologie, laquelle par la météorologie ?

« Ne prenez pas la route, ne sortez pas : pluie et neige arrivent »

« Une tuile peut vous tomber sur la tête, soyez prudent, ne vous jetez pas dans des situations épiques. » 

Impossible de le savoir. Les deux peuvent être entendues pendant une séquence météo, ou/et dans un horoscope.

Publié dans Astrologie

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Chantal d'Aubagne 23/01/2010 09:52


Vous écrivez vraiment n'importe quoi ! Vous êtes dans le "jugement" le plus total et inintéressant et dans l'intolérance absolue ! Bravo Madame ! Vous parlez de choses que vous ne connaissez même
pas parce que vous n'avez pas envie de les connaître, vous avez peur qu'elle heurte votre sacrosaint esprit scientifique ! "çà fait bien" de ne pas s'ouvrir à ces choses-là...Ce sont les mots que
vous employez avec cette volonté destructrice et non respectueuse des croyances d'autrui (ici, c'est l'astro mais cela pourrait être une autre discipline). Vous devriez réviser votre copie, Madame,
avant d'avoir zéro !


Agg 06/01/2010 18:56


Bonjour Grasyop,

Je n'ai pas du tout la prétention de tenir ici un débat scientifique, ni d'ailleurs de posséder les compétences requises à cette fin. En revanche, je suis un rationaliste et j'observe ce qui se
passe. Je vois d'un côté une propagande grandiose, réalisée tant par les scientifiques du GIEC que par la classe politico-médiatique mondiale, propagande à base de biais de confirmation
d'hypothèse, de diabolisation de l'adversaire et de raisonnement émotionnel. Je vois de l'autre côté des scientifiques de plus en plus nombreux qui présentent patiemment des arguments – qu'on peut
discuter, c'est le principe de la science, me semble-t-il – et en appellent à plus de raison et de transparence dans cette affaire. Je pousse le vice jusqu'à me pencher sur l'Histoire et
je remarque que notre époque ressemble fort à l'an mil, avec ses terreurs délirantes. Je pense enfin, mais c'est là une pure spéculation de ma part, que nous allons au contraire vers un
refroidissement général (en vertu des cycles géologiques et de l'activité préoccupante de notre Soleil) et que cette hystérie réchauffiste se terminera en un formidable éclat de rire... glacé
d'effroi.

Je vous remercie en tout cas pour ce petit échange et vous laisse le soin de conclure si vous le souhaitez. A bientôt.


Grasyop 06/01/2010 07:51


Bonne année à vous aussi,

Sur la question de l'autorité en science, vous dites : « J'apprends donc de vous qu'il y aurait quelque chose comme une "autorité" en science, alors que je croyais naïvement qu'il n'y avait que des
arguments rationnels et/ou empiriques donnant une probabilité subjective plus ou moins grande à la théorie considérée. »

Dans un débat scientifique, aucun argument d'autorité ne doit faire entrave aux arguments scientifiques. Mais peut-on prétendre avoir ici un débat scientifique ? Vous peut-être, moi pas. Si je
disposais d'un temps infini, je pourrais lire l'ensemble de la littérature scientifique sur le climat, devenir moi-même un spécialiste du sujet, et juger sur pièce les différents arguments
scientifiques avancés. Mais malheureusement je ne dispose pas d'un temps infini et il serait prétentieux de ma part de prétendre participer à un débat scientifique sur le sujet.

Or, à coté du débat scientifique, il y a un débat de société, et pour participer à ce débat de société, je suis amené à avoir un avis sur la question scientifique du réchauffement climatique.
N'ayant pas moi-même le temps et tous les éléments pour pouvoir juger directement de la question, je suis bien obligé de m'en remettre à d'autres, si possible à ceux qui me paraissent les plus
crédibles sur le sujet, les spécialistes, autrement dit je suis bien obligé d'accepter une autorité scientifique sur le sujet. Ce n'est pas de la science, juste du pragmatisme.


Agg 01/01/2010 19:14


Bonjour Grasyop,

"Débat refusé où ? Entre scientifiques ou dans le grand public ? Je n'ai pas connaissance d'un refus de débattre entre scientifiques spécialistes du sujet. En revanche, vouloir déporter ce débat
scientifique des spécialistes vers le grand public, faire porter au citoyen lambda la responsabilité de trancher un débat scientifique qui le dépasse, ça ne me semble pas la chose à faire. C'est
pour ça qu'a été créé le Giec, chargé de synthétiser l'opinion des spécialistes sur le sujet, à l'attention du grand public et des politiques."

>> Deux remarques : 1) Je pense que le problème est effectivement que vous n'avez pas connaissance. Le débat est refusé entre scientifiques mêmes. Vous parlez de synthèse au sein du GIEC.
C'est bien là que le bât blesse : la "synthèse" n'en est pas une, mais fait systématiquement l'impasse sur les positions "sceptiques", aussi rigoureuses soient-elles d'un point de vue scientifique,
afin d'obtenir le fameux "consensus". Ce fait est reconnu par nombre de chercheurs (par exemple Petr Chylek et Mike Hulme, qui ne font même pas partie du "camp" des
vilains "sceptiques") et devrait, à tout le moins, vous interroger. 2) LE GIEC n'a absolument pas vocation, en principe, à "trancher" le débat. Il a vocation à faire de la science, à obtenir des
données fiables et ensuite à rendre l'information disponible, point. Et c'est à partir de cette information (imparfaite, provisoire et approximative, comme toute théorie scientifique, faut-il le
rappeler) que les citoyens et les politiques décideront.

"Le Giec dit : « la probabilité que le réchauffement climatique depuis 1950 soit d'origine humaine est de plus de 90 % ». En tant que simple citoyen, je n'ai pas les compétences pour contester
cette affirmation, je la prends comme un point de départ des décisions que je pourrais être amené à prendre, notamment dans mes choix politiques. Si des spécialistes sont en désaccord avec cette
affirmation, qu'ils débattent avec les autres spécialistes, et si leur opinion l'emporte, alors le prochain rapport du Giec sera différent. Mais en attendant, à moins d'être un spécialiste du
sujet, la seule attitude raisonnable est d'accepter l'autorité scientifique du dernier rapport en date du Giec."
>> Je suis certain que les "sceptiques" du climat seraient ravis de débattre avec les apôtres du GIEC, si ces derniers leur en donnaient l'occasion. Quant à accepter l'autorité d'une
organisation supranationale qui fait d'évidence beaucoup plus de la politique que de la science, c'est peut-être votre genre, ce n'est pas le mien. J'apprends donc de vous qu'il y aurait quelque
chose comme une "autorité" en science, alors que je croyais naïvement qu'il n'y avait que des arguments rationnels et/ou empiriques donnant une probabilité subjective plus ou moins grande à la
théorie considérée.

Je profite de ce message pour vous souhaiter une bonne et heureuse année 2010.


Grasyop 31/12/2009 19:19


Bonjour Agg,

« Comment prendre une "décision éclairée" lorsque l'information scientifique est dissimulée, que le débat est occulté, que la controverse est refusée ? »

Débat refusé où ? Entre scientifiques ou dans le grand public ? Je n'ai pas connaissance d'un refus de débattre entre scientifiques spécialistes du sujet. En revanche, vouloir déporter ce débat
scientifique des spécialistes vers le grand public, faire porter au citoyen lambda la responsabilité de trancher un débat scientifique qui le dépasse, ça ne me semble pas la chose à faire. C'est
pour ça qu'a été créé le Giec, chargé de synthétiser l'opinion des spécialistes sur le sujet, à l'attention du grand public et des politiques.

Le Giec dit : « la probabilité que le réchauffement climatique depuis 1950 soit d'origine humaine est de plus de 90 % ». En tant que simple citoyen, je n'ai pas les compétences pour contester cette
affirmation, je la prends comme un point de départ des décisions que je pourrais être amené à prendre, notamment dans mes choix politiques. Si des spécialistes sont en désaccord avec cette
affirmation, qu'ils débattent avec les autres spécialistes, et si leur opinion l'emporte, alors le prochain rapport du Giec sera différent. Mais en attendant, à moins d'être un spécialiste du
sujet, la seule attitude raisonnable est d'accepter l'autorité scientifique du dernier rapport en date du Giec.