L’institut de sondages Ipsos en retard de 37 ans

Publié le par Agnès Lenoire

Les éléphants, et leur réputation de lourdeur (ou d’inertie si la métaphore est politique), ne sont pas toujours où l’on croit. L’institut Ipsos, vénérable organisme qui a  caracolé, avec ses compères Ifop ou Sofres, sur les unes des journaux pendant toute la campagne présidentielle, et bien ce dynamique institut toujours en avance d’une opinion, est en réalité en retard de 37 ans.  Il y a quelques jours, je suis allée en effet répondre en ligne  à un sondage Ipsos en direction des internautes. Quelle ne fut pas ma perplexité quand je lus la question 7 : Au sein de votre foyer, vous êtes : - Chef de famille – Conjoint du chef de famille – Autre au sein du foyer ?

Quand on est une femme et qu’on sait que, légalement, le chef de famille n’existe plus, comment répondre à cette question ? Ne rien répondre ? Impossible, le questionnaire en ligne en exige une  pour pouvoir continuer. Alors, tant pis, je serai « chef de famille », titre qu’il m’a fait tout drôle de cocher, tant il est désuet et irréaliste. Ipsos semble ignorer la loi du 4 juin 1970 qui entérine la suppression de la notion de chef de famille au profit de l'autorité parentale conjointe. Mais rien n’est perdu : la page Wikipedia consacrée à ce thème mentionne que l’INSEE n’a pris la loi de 1970 en compte et n’a renoncé à l'appellation chef de famille qu’en… 2004 !

En attendant j’ai écrit à Ipsos pour les secouer gentiment : quand on travaille sur le fil des prospectives, quand on a une vision accélérée des conduites humaines à venir, on ne s’endort pas sur de vieilles législations. 

Illustration tirée de Gloubiweb

Publié dans Egalité des sexes

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alphomega 25/05/2007 14:36

Le machisme n'est pas mort et je serais mal placé pour dire le contraire.J'ai bien reçu le com! Merci pour les compliments du début et aussi pour la remise des pendules à l'heure de la fin.