La parapsychologie déclarée d’intérêt public en France

Publié le par Agnès Lenoire

Dans Courrier International du 16 mai 2007, rubrique Insolites, vous pouvez lire qu’un institut de parapsychologie, le Laboratoire d’étude des technologies paranormales de Princeton, dans le New Jersey, vient de fermer ses portes. Le journaliste qui a rédigé le papier est assez moqueur : « Ces scientifiques ont finalement fait preuve d’une honnêteté rare en décidant de mettre fin à leurs recherches au bout de vingt-huit années de recherche. »

Puis il ajoute : « Malheureusement, pareils groupes d’études existent toujours en Russie […] ». J’aimerais apporter une précision à cette remarque : il n’est pas besoin d’aller en Russie pour trouver de pareilles études, elles existent en France. Il existe en effet un Institut Métapsychique International (IMI) qui a pignon sur rue, et ce depuis 1919. S’il n’avait œuvré que 28 ans comme Princeton, il aurait fermé en  1947. Dans ce domaine, la France n’est pas prête d’abandonner ce qui est infructueux !  Sachez en effet que cet IMI est, depuis 1919, déclaré d’intérêt public. Voilà qui donne force et grandeur à cette entreprise en direction du grand public, en dehors de tout résultat ! On peut supposer que le statut d’ « intérêt public » fut octroyé à sa fondation, alors que la France était encore empreinte de spiritisme à la sortie d’un XIX ° siècle qui en avait fait une discipline très à la mode. Mais aujourd’hui ?  Eh bien, on ne remet pas en cause un statut institutionnalisé, surtout à une période où le matérialisme n’a pas bonne presse.  Alors l’IMI garde au chaud une étiquette qui le valorise. Et n’est pas prêt de renoncer aussi vite que Princeton.

Illustration de José Tricot, dessinateur pour Science et pseudo-sciences (AFIS)

Publié dans Paranormal

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Julien 26/05/2007 02:33

Bonjour Agnès, Que les choses soient clairs : certains travaux de parapsychologie ont atteint des taux de reproductibilité supérieurs à ceux demandés dans d'autres domaines de recherche pour démontrer qu'un effet existe bien. Concrètement, cela veut dire que si ces effets ne sont pas reconnus par l'ensemble de la communauté scientifique, c'est parce que les conséquences de ces résultats on des conséquences énormes sur l'ensemble de nos connaissances. On peut donc comprendre que le monde scientifique, par des mécanismes sociologiques bien connus, ait une certaine tendance à porter des oeillères faces à des résultats si dérangeants : mieux vaut ne pas trop s'y intéresser, ça pourrait mettre en question un certain nombre de modèles scientifiques actuels. Agnes, vous demandez si des résultats d'expériences de parapsychologies ont été reproductibles. La réponse est donc oui : par exemple les résultats des expériences sur les rêves télépathiques. Les différents laboratoires qui ont reproduit ces expériences ont obtenus des résultats significatifs. Concernant le Ganzfeld, la situation est un peu plus complexe. Ce que vous proposez, la mise en place d'une expérience, un autre sceptique l'a fait avant vous : Ray Hyman. Face aux résultats obtenus par Honorton, Hyman a dit la chose suivante : faisons ensemble les protocoles, et refaites les Ganzfeld : Si vous obtenez des résultats avec les protocoles que nous aurons fait, alors le psi sera prouvé. Tout ceci a été dit dans une charte rédigée par Honorton et Hyman en 1986, AVANT la mise en place des expériences. Résultat : plusieurs laboratoires ont participé à la mise en place de ce fameux Ganzfeld "parfait" et les résultats ont été au rendez-vous. Sauf qu'Hyman n'a pas joué le jeu. Si les résultats avaient été négatifs, alors il aurait pu dire que le psi n'existait pas. Mais les résultats ont été positifs et il a préféré garder le silence. Voilà comment travaillent un certain nombre de sceptique et voilà pourquoi nous en sommes dans la situation actuelle par rapport aux recherches en parapsychologie. C'est ça la réalité. Or, combien de sceptiques connaissent la charte de 1986 ? Combien ont lu les protocoles en détail ? Combien se sont réellement fait un avis honnête comme on le fait pour n'importe quelles publications scientifiques ? Ou sont donc les citations de ces travaux de recherches dans les ouvrages d'Henri Broch ? Que voyez-vous à la place : vous trouverez un sceptique qui n'aura rien lu de toutes ces recherches qui viendra vous dire que tout ceci n'est que du vent car c'est impossible. Et ce sera repris par de grands médias et dans des livres. Des gens à leur tour auront ces informations dans les grands médias et se diront "ah quelle blague cette parapsychologie". Parmi ces gens, certains se diront "ils faut vraiment lutter contre ça". Ils deviendront à leur tour sceptiques : ils liront les ouvrages des sceptiques et diront eux aussi que tout ceci est impossible, eux aussi ils ne consulteront pas les revues de parapsychologie, ils n'iront pas dans les congrès et dans les laboratoires universitaires sur ces questions. Ils diront que tous ces gens sont des charlatans et qu'il ne faut pas discuter avec eux. Ils seront persuadés de travailler pour une noble cause et d'être dans le plus grande doute qui soit. Ainsi, au lieu d'avoir un terrain de recherche normal pour ces questions, il existe de façon constante des critiques a priori et ad hominem de la recherche en parapsychologie. De la désinformation méchante et bête qui décridibilise le travail de chercheurs honnête qui ne cherchent qu'une chose : comprendre et expliquer ces résultats. quelle que ce soit l'explication : psi ou non psi. C'est ça le fondement de la démarche scientifique. J'écris ces quelques lignes en esperant que peut-être ne serait-ce qu'un seul des lecteurs de votre blog, sceptique, se dira : mais c'est vrai ça , pourquoi on lit pas les revues de parapsychologie ? pourquoi on ne va pas aux congrès ? Pourquoi on essaye pas de reproduire les expériences qui sont censées marcher ? La plupart des parapsychologues sont d'anciens sceptiques qui sont justement tombé un jour sur qq qui leur a dit la même chose : mais pourquoi ne pas lire les publications originales plutot que de lire ce qu'en disent les commentateurs sceptiques ? Et là, la réalité tombe, sans appel : la plupart des sceptiques évoluent dans un monde de désinformation concernant la recherche en parapsychologie. Je trouve cela triste pour ces gens qui vont parfois toute leur vie lutter en croyant propager une vision scientifique vont en réalité faire un enorme travail de désinformation à l'opposé de la démarche scientifique

FLOKY 25/05/2007 07:52

Bonjour Agnès,la question de la sincérité des candidats n'est pas ce qui m'intéresse personnellement, il est très probable qu'un certains nombres de candidats aient été avides d'argent. Mais scientifiquement je dois vous dire que pour l'instant le prix sceptique ne montre rien à ceux qui n'ont pas confiance en H Broch, G Majax ou J Théodor. Comme je l'ai déjà pointé J Théodor, en tant que créancier du prix, n'aurait jamais dû faire partie du jury, et je ne suis pas le seul à penser cela, des sceptiques ont également cet avis.D'autres part il n'y a pas de trace écrite précise de ces 15 ans de prix sceptique (compte-rendu, articles publiés...), ce qui évite au protagonistes du prix toute critique construite de la méthodologie qu'ils nt employé. Ce prix est donc loin d'être un modèle de scientificité.En parapsychologie les résultats probants sont reproductibles, mais étant donné qu'ils sont ténus il faut faire un grand nombre d'essais.Floky

AgnÚ³  25/05/2007 06:40

 
Bonjour à tous,
Inutile de se juger comme des charlatans "pseudo-sceptiques" ou "pseudo-croyants". La question pour moi n'est pas de juger des intentions : le prix défi a montré combien les personnes qui s'y sont soumises étaient sincères. Le problème n'est même plus de juger des méthodologies, je ne nie pas qu'elles puissent être correctes de la part des adeptes, qu'ils soient de l'IMI ou duePrinceton. Le problème est alors le suivant, que vous évitez tous : les résultats probants ont-ils été REPRODUCTIBLES ? C'est bien à cause de cette non reproductibilité que les résultats de la parapsychologie piétinent et que cela  permet de se ranger du côté du.... doute !
Agnès

FLOKY 24/05/2007 21:17

Bonjour J. Monsard,il me semble au contraire que les pseudo-scientifiques connaissent dans leur grande majorité le mot "psi-missing", qu\\\'ils assimilent à une manière de "recyler" les résultats trop négatifs par les parapsychologues.Je ne pense pas qu\\\'il me soit utile de discuter avec une personne qui ne me laisse ouvertement au choix de n\\\'être qu\\\'un incompétant ou un charlatan.Floky

J. Montsard 24/05/2007 17:22

Bonjour Eau_rage, Floky, Julien,Je trouve Floky que vous allez un peu vite en besogne. Certes il manque à Eau_rage un développement un plus construit de ces contre-arguments.Néanmoins, Eau_rage fait preuve d un peu plus de curiosité que les pseudo-sceptiques français habituels car je vous ferai remarquer qu il connaît le psi-missing, le travail de B. Méheust même si c est à niveau qu il n\\\'est pas possible de mesurer. Ainsi que le souligne Julien, les propos d Eau_rage sont trop succincts pour évaluer  la pertinence de son rejet du travail de B. Méheust et encore plus restreint sur les autres sujets.D ailleurs, je constate que Julien m\\\'a devancé par rapport aux propos d\\\'Eau_rage. Il n y a rien à ajouter de plus à part ce qui suit peut-être.Eau_rage, vous écrivez :"accepteriez-vous un défi tout simple et aisé à relever si le psi est autre chose qu’une fructueuse arnaque ?"Vous qui êtes sévères dans vos propos et qui mettez en avant la foirdeur de la science, trouvez-vous logique, rationnel de demander de vous prouver à vous seul finalement que le psi existe ? Il est vrai que j extrapole peut-être trop rapidement votre propositions, mais en général,  dès qu\\\'il s\\\'agit de défi, il ne s\\\'agit pas d \\\'autre chose que : "faite une expérience avec moi pour me montrer que cela fonctionne".Si tel est le cas, je vous ferai remarquer, comme c est trop souvent le cas chez les pseudo-sceptiques qui ont été des pro-psi ingénus au départ s\\\'attendant plus au merveilleux qu à la réalité des faits, que ce n\\\'est pas en assistant à un phénomène psi qu il est prouvé.La science n\\\'a rien que faire qu un individu soit convaincu ou non. Ce qui est important, c\\\'est que le phénomène ait été suffisamment bien suivi pour que son étude puisse être transmissible en vu d être réalisée à nouveau par un autre groupe de recherche et si aucune expérience n était reproductible, il y a longtemps que les travaux auraient été arrêtés. C est parce qu il y a eu des reproductions de phénomènes psi que l etude s est poursuivi même si ces reproductions ne sont malheureusement pas aussi systématiques que si je laisse tomber une pièce au sol.Toutefois, Eau_rage, vous avez parfaitement raison, ce blog n est pas le lieu d un échange sur le sujet car tous les éléments du dossier qui vous intéresse sont soit sur le site de l IMI, soit celui de la Parapsychological Association soit de façon général dans les bibliothèques qui comporteront des références sur la parapsychologie ou la métapsychique (nom sous lequel l étude du psi était connu en France du XIX au début du XX).Bien à vous.