On ne peut pas « voir » les exoplanètes

Publié le par Agnès Lenoire

Une planète orbitant autour d’une étoile autre que la nôtre, Gliese 581C, a été découverte récemment à 20 années-lumière d’ici. Une exoplanète, donc. Une planète tellurique dont le diamètre est de 50 % supérieur à celui de la Terre, et la masse cinq fois plus importante.  Après plus de 220 exemplaires d’exoplanètes dénichées dans notre Galaxie entre 1995 et 2007, toutes des géantes gazeuses, il s’agit de la première exoplanète qui soit tellurique et qui se situe, par rapport à son étoile, dans une zone réunissant les conditions susceptibles de développer  une forme de vie.

L’annonce de cette découverte fut  très bien relayée par tous les médias vers la fin avril. Depuis, la nouvelle se déforme légèrement : j’entends dire autour de moi qu’elle a été « vue » au télescope, voire photographiée, et non plus qu’elle a été détectée.  La tentation est forte en effet de donner une existence bien plus concrète à un astre si on a pu le voir vraiment. Ne croire que ce que l'on voit... Il est vrai que, ici ou là,  les artistes s’essaient à la représentation des objets du ciel non visibles, et nous ne lisons pas forcément la petite mention qui l’accompagne toujours : « vue d’artiste » !

Gliese 581C n’a donc pas été vue, ni photographiée. Elle a été découverte, comme les précédentes, par des méthodes indirectes et déductives. Et nous pouvons y croire en toute confiance, car tout a été vérifié plusieurs fois. Pour s’émerveiller du pouvoir fantastique du cerveau, il faudrait énumérer et détailler un tout petit peu ces méthodes, au nombre de trois pour les plus usitées. Je le ferai dans un prochain billet, et j’en profiterai pour vous raconter l’histoire de la découverte de la première exoplanète en 1995 et comment les suisses fabriquent toujours depuis 12 ans les instruments les plus précis, les spectrographes,  qui débusquent ces lointaines grandes sœurs. Tradition horlogère oblige ?

En attendant, n’oubliez pas de jeter un œil sur la planète la plus proche de nous, Vénus, qui nous fait signe chaque soir à l’ouest. Son éclat augmente chaque jour ! Mais début juin, son trajet apparent la ramènera doucement dans le giron du Soleil. Profitez-en !

Schéma ci-dessous extrait de Le ciel à l'oeil nu  en 2007Guillaume Cannat, éd. Nathan.

 

 

 

 

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