L'autobiographie par Charles Darwin

Publié le par Agnès Lenoire

Editions Seuil

Collection Science ouverte, 2008.

 

« J’avais donc enfin trouvé une théorie sur laquelle travailler ; mais je craignais tant les éventuelles incompréhensions que je me décidai à n’en pas écrire la moindre esquisse. » Extrait, page 113.

 

Sur la fin de sa vie Charles Darwin reçut une demande d’un éditeur allemand qui désirait faire paraître une esquisse de sa vie scientifique. Darwin s’y soumit volontiers, éprouvant le besoin de rédiger de courtes mémoires à l’intention de ses enfants, comme il aurait aimé que son grand-père le fasse pour lui.

 

Ecrit entre mai et août 1876, ce document ne cessa d’être modifié durant les six années suivantes, c’est-à-dire jusqu’en 1882, année de sa mort. Il a aussi subi des ajouts, substantiels et plus ou moins pertinents de la part de son épouse Emma, après sa mort. La traduction française publiée dans le présent ouvrage par les éditions du Seuil est la première qui soit intégrale, c’est-à-dire qu’on y trouve les modifications apportées par Darwin au fil des années,  signalées par un filet dans la marge, mais aussi les ajouts d’Emma, parfois bien âpres et visant des personnalités entourant son époux, ajouts signalés, eux, par une police plus claire.

 

Cette autobiographie concerne essentiellement la chronologie de ses travaux scientifiques, ses différentes publications datées, ses rencontres avec les hommes de science de l’époque, l’hommage à ceux qui furent ses mentors, les différentes étapes de l’évolution de ses idées,. Sa vie privée ne fait l’objet que d’allusions, hormis sa jeunesse et un portrait de son père qu’il a ajouté par la suite. On y découvre un très jeune Darwin embarquant sur le Beagle comme naturaliste, féru de collections et grand chasseur. Au fil des pages, Darwin décrit très finement comment la passion des sciences naturelles l’a absorbé tout entier, l’amenant du plaisir simple des collections à la compilation minutieuse et fébrile de faits, puis à l’élaboration d’une grande théorie explicative. Le lecteur vit avec lui son passage à la maturité scientifique. Dans cette partie réservée à son évolution intellectuelle, Darwin déplore aussi que cette ardeur croissante pour les sciences naturelles lui ait fait perdre le goût des arts, au fil du temps et sans qu’il ne s’en aperçoive vraiment. Il suppose alors qu’une partie de son cerveau, celle dédiée à l’esthétique, ayant peu servi, s’est desséchée.

 

Cet ouvrage jette un éclairage sur  les rapports du Darwin scientifique avec la société très victorienne de l’époque, sur sa désaffection de la croyance religieuse, sur ses réticences à publier des idées révolutionnaires qui pourraient  faire scandale (Darwin admet à plusieurs reprises sa répulsion à la polémique). Tout cela explique  la première phrase en exergue de ce billet.

Un ouvrage de référence, utile à la connaissance de Darwin mais aussi du climat qui a entouré la naissance de la théorie darwinienne de l’évolution.

Publié dans Notes de lecture

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hamoudi mustapha 28/07/2009 01:10

bonjour,Je fais partie de ceux qui pensent que le Darwinisme en particulier et l'evolutionisme en général sont une formidable supercherie.Je n'aime pas cette théorie, surtout depuis qu'elle a inspiré le théoricien en chef de l'Holocauste et semé le desordre sur la planète. De plus, si vous le voulez, je peux vous fournir assez de documentation pour démolir toute la théorie Darwiniste en quelques pages, si vous etes près à les publier sur votre blog

Couturier Bernadette 11/07/2009 17:50

Bonjour Agnès,J'ai fait un lien sur mon blog pour votre commentaire de cette autobiographie.Bonne fin de journéeBernadette Couturier