Un petit vin chaud pour vous glacer le sang ?

Publié le par Agnès Lenoire

 À la montagne, persiste une culture du vin chaud, symbole de réchauffement des corps et de convivialité. Ici, en Haute-Savoie, on vous proposera donc du vin chaud à toutes les occasions, à toutes les manifestations hivernales : marchés de Noël, spectacles, après ski, etc.

Les vacanciers l’apprécient ; pour eux le vin chaud fait partie du décor et du patrimoine montagnard. Ils croient,  tout comme les gens du pays d’ailleurs, qu’il fouette le sang, et qu’il n’a pas son égal pour vous réchauffer de la tête aux pieds.

 

Qu’en est-il vraiment ? En fait, il n’en est rien ! L’alcool « fouette » le sang, certes, en l’entraînant de l’intérieur vers les vaisseaux superficiels, provoquant leur dilatation. D’où les rougeurs sympathiques (ou estimées telles par l’entourage !) sur les joues des buveurs… L’afflux de sang donne une sensation de chaleur agréable, mais très fugitive. Car les calories s’échappent alors à la vitesse grand V. Et le processus normal de réchauffement n’est pas respecté. Les vaisseaux superficiels devraient au contraire se contracter (vasoconstriction avec chair de poule) pour préserver la chaleur interne et éviter la déperdition des calories. Or, l’alcool va faire le contraire : privilégier la surface et refroidir l’intérieur. Le réchauffement va donc être fugitif : le petit coup de sang sous la peau va faire place au refroidissement précipité de l’organisme.

« On estime qu'elle chute d'un ½ degré par fraction de 50 g (5 verres de 10 cl de vin) d'alcool ingéré. » (L’Internaute-Sciences)


Si vous venez faire du ski chez nous en février, aidez-nous à rompre avec cette contre-culture, refusez le vin chaud, quitte à vexer vos hôtes, et réclamez votre chocolat ou votre thé à cor et à cri. On a ça aussi chez nous !

 Photo : vue depuis la cour de l'école maternelle. Crédit Agnès Lenoire.

Publié dans Idées reçues

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Agnès 16/01/2009 19:08

Bonsoir Loïc,Il ne s'agit pas d'interdire. Il s'agit de proposer d'autres choses à boire. Si le vin chaud du marché de noël ne me plaît pas, libre à moi de ne pas y participer, mais loin de moi l'idée d'interdire !Ce que je m'efforce de faire, c'est de convaincre de faire des expériences autres que celles du vin.  Je ne vais pas me lancer dans des discours de modération, car je vois bien que  les buveurs s'en fichent : ceux qui étaient modérés l'étaient déjà avant qu'on ne les harcèle avec cette consigne, et ceux qui n'étaient pas modérés ne le deviennent absolument pas.  AmitiésAgnès

Loïc 16/01/2009 18:20

Agnès>> Je me méfie quant à moi des "changements culturels", à plus forte raison lorsqu'ils passent par une interdiction que rien, en amont, ne justifie, sinon la volonté d'imposer une nouvelle norme dans l'air du temps et en l'occurrence, une norme hygiéniste. Ne serait-il pas plus raisonnable de faire découvrir le vin et l'alcool en général, en expliquant le bon et le mauvais de sa consommation (et là, l'information scientifique aurait toute sa pertinence) et en transmettant une logique de modération ? L'interdiction invite purement et simplement à la transgression et par suite, aboutit à cela même qu'elle entendait éviter.

olympe 16/01/2009 15:12

pour ce qui est des fêtes dans alcool j'avais instauré lors de la fete des médailles du travail de limiter la quantité d'alcool. Maxi 2 verres par personnes (une moyenne évidemmment certains buvant plus que d'autres). Force a été de constater que les fêtes se terminaient beaucoup plus tôt. l'effet déshinibiteur de l'alcool est une réalité et si certains deviennent violents, la plupart deviennent plus drôles

Durant Thierry 16/01/2009 11:46

bonjour,l'alcool agit effectivement comme vous l'indiquez, cependant il ne reste pas grand chose comme alcool dans le vin chaud , surtout celui qui reste sur le réchaud pendant des heures.l'aspect réchauffement provient de l'ingestion de la boisson chaude constituée par le vin chaud, donc je pense que c'est efficace quand même.très cordialementThierry durantps: je trouve votre blog très intéressant

Agnès 16/01/2009 06:11

Bonjour,Si la croyance aux bienfaits du vin chaud ne se sépare pas de son contexte socio culturel, il en est de même pour son remplaceent par d'autres boissons chaudes. Le contexte, ça se construit, même si c'est long. Et on a tout à y gagner ! J'ai organisé récemment une petite réception dans mon école, et aucun alcool sous aucune forme n'a été proposé. La fête a pourtant été très réussie, et tout le monde a trinqué joyeusement.La convivialité, phénomène socio-culturel, peut très bien se rattacher à d'autres supports. Pour le marché de Noël des écoles de ma commune, j'ai refusé la participation de mon école maternelle en raison de la vente de vin chaud proposée. Mais je travaille avec les présidents des asssociations qui organisent ce marché pour que l'année prochaine, le vin chaud laisse la place au chocolat, thé café. Et je fais le pari que la vente ne baissera pas d'un pouce ! Les changements culturels sont longs, mais ils sont possibles. Le philosophe Michel Serres dit que les cultures s'inetrpénétrent et évoluent, qu'elles "percolent". Pour ne pas picoler du vin chaud, il faudra qu'une autre culture percole.AmicalementAgnès