Ovnis et biais cognitifs : les lasers de discothèques

Publié le par Agnès Lenoire

 
undefinedQuand vous parcourez la campagne le samedi soir, vous voyez sans doute comme moi ces lasers de boîtes de nuit qui balaient le ciel nocturne de leurs pinceaux lumineux, se croisant parfois sur la voûte comme s’ils cherchaient quelque chose. On aurait du mal à ne pas les identifier correctement, tant leur aspect est caractéristique. Sauf… sauf si les conditions météo s’y prêtent. Samedi dernier, au cœur de la nuit, alors que nous étions sur une petite route de la Côte d’or, je vis au loin une soucoupe brillante, sorte d’ovale allongé, dont le cœur était plus lumineux que les bords, comme une galaxie. Encore assez lointaine, elle bougeait peu. Mais au fur et à mesure que nous nous rapprochions, l’ovni grandissait de façon spectaculaire et se déplaçait beaucoup plus largement ; il oscillait, basculait, passait un peu à droite puis revenait à gauche, comme s’il ne trouvait pas sa route. Si je me fixais sur lui sans tenir compte de notre propre trajectoire, il pouvait même passer derrière nous, semblant nous prendre en chasse – alors que nous prenions seulement un virage serré ! (on retrouve là le mythe de « l’objet suiveur », couramment évoqué dans les témoignages de visions d’ovnis).  Au bout d’un moment, nous avons dû passer tout près de la discothèque émettrice, car on a pu découvrir alors le rayon qui guidait cette drôle de « galaxie », et l’effet « ovni » s’est soudain dissipé, redonnant à mon cerveau une image familière moins susceptible de le tromper. Pourquoi ce phénomène connu de tous avait-il pris cette allure cette nuit-là ? Parce que le ciel était nuageux et que cette masse nuageuse a d’abord camouflé l’élément essentiel, la clé unique pour son identification : le rayon. Cette masse de nuages a aussi favorisé l’étalement du point lumineux à l’extrémité du rayon, lui offrant un support de diffusion. Et la poursuite dont notre véhicule a fait l’objet était une illusion due au balayage opéré par le rayon, illusion amplifiée par les multiples virages de la route, poussant la soucoupe d’un côté et de l’autre. C’est donc une fois de plus la météo (voir billet précédent) qui manipule nos sens !  À une certaine distance relativement proche –c’est-à-dire juste avant que ne se montre le fameux rayon « laser », cette apparition était belle et étrange, et si dansante qu’on pouvait nourrir à son sujet quelque hypothèse magique ou extraterrestre. J’ai beau être plutôt d’obédience « rationnelle », cela ne m’a pas empêchée de rêver à un survol d’engin géant et superbe, majestueusement étranger. Et je me demande encore si d’autres automobilistes cette nuit-là n’ont pas nourri les mêmes  fantasmes…

 

Publié dans Ufologie

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