Ovnis et biais cognitifs : l’exemple de Vénus

Publié le par Agnès Lenoire

undefinedLes témoignages d’observations d’ovnis sont soumis à la fiabilité des outils cognitifs « externes » de l’être humain, c’est-à-dire à l’ensemble de ses  cinq sens disposés à lui apporter des renseignements sur son environnement. Puis c’est le cerveau qui devra analyser la livraison brute de décoffrage et la traduire en quelque chose de cohérent. Le cerveau est un obsédé de la cohérence. Si la « livraison » cognitive est douteuse et pose problème, le cerveau devra interpréter. C’est ainsi  qu’on en arrive à voir des ovnis, mot qui désigne de façon objective quelque chose d’inconnu, que le cerveau va donc être contraint de  décrypter et d’interprèter. Pour l’illustrer, voici un exemple d’observation  qui aurait pu donner lieu à des fantasmes extraterrestres. J’en donnerai d’autres dans les prochains billets (avec la Lune et les lasers de boîte de nuit).
En été j’anime, en Provence, des séances d’observation du ciel avec des vacanciers, au pied du mont Ventoux. Une nuit de début juillet,  à 4h, alors que j’étais  installée pour une observation en solitaire, j’aperçus soudain le sommet du mont Ventoux auréolé d’une lueur diffuse. Son sommet se coiffait progressivement d’une lumière en forme de coupole, de plus en plus grande et nettement dessinée sur le fond du ciel. Le spectacle était étonnant. La lumière était diffractée par une atmosphère humide qui environnait  le Ventoux. Le ciel était  loin d’être pur de ce côté-là. Ce côté-là, c’était aussi l’est, et je savais  que Vénus devait se lever d’ici peu. En réalité, d’après les éphémérides,  elle aurait déjà  dû être visible à mes yeux  si elle n’avait pas eu ces 2000 mètres de montagne à franchir… Cette illumination à l’est n’était que le signe de son arrivée imminente, et la diffraction de la lumière autour d’elle en assurait tout  l’aspect mystique. Enfin, après une attente qui sembla longue, un flamboiement d’un blanc–bleuté surgit brutalement du sommet, comme un énorme projecteur qu’on aurait braqué sur moi. Serais-je surveillée ? C’était bien Vénus pourtant, magistrale, surprenante, violente, toujours nimbée de cette brume tout en rondeur qui l’avait  précédée. L’effet était totalement sidérant ; j’en restais  stupéfaite. Pendant une minute, à la pointe la plus haute de la montagne, c’était comme si un engin avait atterri et cherchait à se repérer alentour par ses projecteurs, clignotant et oscillant de mille feux. Puis, Vénus s’est élevée doucement au-dessus du sommet et le décalage avec la montagne a montré  qu’il s’agissait bien d’un astre. Encore que… quand on ne sait pas ce qu’on va voir, on peut imaginer un décollage d’ovni qui repart dans l’espace. Il se trouve que j’attendais Vénus. J’avais donc vu Vénus, et pas autre chose.
À la suite de ce beau spectacle, je décidai de proposer l’observation aux vacanciers dès le lendemain soir, en espérant que les conditions météo seraient exactement les mêmes.  J’ai donc rédigé  et apposé partout une affichette un peu racoleuse (du style « Venez voir un ovni sur le Ventoux »)  afin de toucher le plus de monde possible. Et cela a marché ! Cinq ou six personnes était présentes sur le terrain dès le lendemain à la même heure et attendaient, un peu fébriles. Mais la plus fébrile, c’était moi, car l’effet escompté était si fragile ! Reconstituer une apparition fantomatique soumise aux mouvances du ciel était risqué ! Mais tout s’est passé comme prévu. Même splendide auréole autour du sommet, même apparition céleste étonnante et éblouissante. Les personnes présentes ont elles aussi été stupéfaites et toutes ont effectivement trouvé troublante la ressemblance avec un engin inconnu se postant sur la montagne. La conversation a roulé sur les ovnis jusqu’au lever du jour, et c’est le diamant de Vénus piqué dans le ciel bleu qui a accompagné le retour de chacun dans ses pénates.

Publié dans Ufologie

Commenter cet article

Posuto 10/03/2008 17:01

Magnifique anecdote ! On aimerait avoir été là !Cette Vénus, vraiment...Kiki :-)