Les études d’ovnis au CNES

Publié le par Agnès Lenoire

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« Si la question des ovnis évoque une relation avec le ciel et plus globalement avec l’espace, c’est probablement que quelque part ce lien existe. »  Jean-Jacques Vélasco, directeur du S.E.P.R.A, dans sa « Lettre ouverte aux sceptiques » (1), parue dans le n° 29 de « Sciences Frontières ».

 Les origines

La publication aux USA, en 1968, d’un rapport officiel, rapport Condon (2), ramène le phénomène « ovnis » (objets volants non identifiés) à une collection d’illusions d’optique ou de mystifications, tout en admettant une marge de 3 % de phénomènes inexpliqués, c’est à dire d'observations diverses, incomprises, à comparer avec 3% de gens qui, sur une même observation objective, bâtissent les images invraisemblables de leur fantasmes!... À la suite de ce rapport américain, la communauté ufologique mondiale s’aigrit, soudain frustrée d’une reconnaissance scientifique indispensable à sa crédibilité.  AstronomeOVNI.JPG

Par ailleurs le phénomène avait, et a toujours, le vent en poupe auprès du public, lequel réclame des éclaircissements, mais souscrit aussi volontiers aux extrapolations les plus farfelues. Pour ces raisons, c'est-à-dire pour canaliser sur un terrain scientifique les dérives éventuelles, pour maîtriser le canal de diffusion des rumeurs, et faire taire les reproches de désintérêt sans cesse réitérés par les ufologues, le gouvernement, en 1977, demande au CNES de créer une cellule spécifique d’étude de ces événements . C’est la naissance du G.E.P.A.N, Groupement d’Études des Phénomènes Aérospatiaux Non identifiés. Son directeur sera Claude Poher. Il est déjà connu au service d’Aéronomie du CNRS pour avoir installé et exploité un laser-lune. Mais il est aussi connu pour son engagement personnel dans les études d’ovnis depuis 1973. On lui donne des moyens. Celui de créer un conseil scientifique, celui de s’entourer d’une équipe d’une demi douzaine de personnes, et celui d’étudier une centaine de dossiers par an. Jean-Jacques Vélasco, technicien supérieur d’optique, est son assistant.

Vous avez dit MHD (3) ?

Le rôle du GEPAN est de répertorier les objets satellisés en pénétration atmosphérique, de décrypter les témoignages de visions d’ovnis. Il se lance aussi dans l’approfondissement de théories physiques comme celle de la propulsion magnétohydrodynamique. Des liens sont établis avec armée, gendarmerie, physiciens et météorologistes, et un psychologue est embauché : une petite armée, en quelque sorte, prête à effectuer avec zèle ses missions. Son étude de la propulsion magnétohydrodynamique est un  premier aveu explicite de recherche de source d’énergie éventuellement maîtrisée par des extra terrestres et justifiant les témoignages d’accélération foudroyante et de silence de leurs engins. Aussi appelée MHD, cette théorie serait parfaitement ad hoc dans le domaine des observations d’ovnis, et démontre  les pré requis que pouvait avoir le GEPAN sur les moyens techniques, donc sur l’existence, des extraterrestres.  Une technique officiellement non maîtrisée par les terriens, que le début de l’introduction de la note technique 9 éditée par le GEPAN nous expose :

« Au chapitre des caractéristiques que l'on rencontre fréquemment dans des descriptions de phénomènes aérospatiaux non identifiés, certaines concernent leurs déplacements présentés comme rapides, silencieux et saccadés sans qu'ils soient pour autant accompagnés des effets aérodynamiques classiques ( effet de souffle, turbulences, ondes de choc, etc. ).

La question se pose donc de savoir s'il serait possible d'envisager un système physique solide ayant le même type de comportement et des interactions analogues avec le fluide ambiant. Plusieurs théories ont été proposées dans ce sens ; en particulier, M. J.-P. PETIT a suggéré un modèle fondé sur les principes de la magnétohydrodynamique. »

L’entrée en scène de Jean-Jacques Vélasco Conqu--teOVNILune.JPG

1983 : Alain Esterle remplace Poher à la tête du GEPAN, qui entre dans un âge d’or. Augmentation des effectifs, diffusion de notes techniques, c’est l’effervescence, et c’est aussi à cette période que l’on remarque le plus d’ovnis dits « scientifiques ». Pourtant aucune enquête les concernant n’apportera la preuve de l’existence d’extraterrestres… 1988 : le GEPAN coûte trop cher et n’apporte rien de probant, le CNES le ferme. Pensant aussi aux réactions d’un public fortement impliqué dans les mythes célestes, il le remplace par un service du même type, mais qui devra être plus soft, qui doit répertorier et identifier tout ce qui tombe de nos nues !. Il s’appellera SEPRA, Service d’Expertises des Phénomènes Rares Atmosphériques. Jean-Jacques Vélasco en prend la direction et baptise son service « Service d’Expertises des Phénomènes de Rentrées Atmosphériques ». Il l’occupe encore vaillamment aujourd’hui…seul.

Enquêtes partisanes 

En 1978, dans une revue d’ufologie (4) monsieur Vélasco annonçait 38 % de phénomènes inexpliqués par le SEPRA, qui, pour lui et son équipe, pouvaient donc se rapporter à des visites intelligentes. En 2002, sur une page du site web dans dans un entretien sobrement appelé « Le CNES face aux phénomènes inhabituels », Jean-Jacques Vélasco annonce un pourcentage de phénomènes inexpliqués bien plus bas : 
« Mais il reste un faible pourcentage de cas (4-5 %) auxquels le SEPRA n’a pu donner d’explication, en l’état de nos connaissances. » 
Bravo monsieur Vélasco, ça c’est du bon travail ! De 38 % à 5 % en 24 ans, cela pourrait être un succès pour la démystification ! À ce rythme, dans peu de temps, tous les objets deviendront  « non non identifiés » pour cause d’efficacité du SEPRA ! Mais redevenons sérieux : l’équipe du SEPRA a bien sûr, si elle veut être viable, intérêt à montrer sa crédibilité dans les études scientifiques, mais  à se garder malgré tout une marge d’inexplicable pour préserver la raison d’être de son directeur : la passion soucoupiste.  À la suite des échecs du GEPAN, le SEPRA a vu ses ressources diminuer et son personnel se réduire. Très controversé, son directeur est accusé de ne pas être un scientifique. Il a pourtant  obtenu une équivalence d’ingénieur pour son diplôme de technicien supérieur. De toute façon, des erreurs émaillent  son parcours et le décrédibilisent aux yeux des scientifiques : le 5 novembre 1990, son service ne reconnaît pas le troisième étage d’une fusée Proton qui retombe sur Terre dans un grand fracas de lumière. Pour le même phénomène, Monsieur Vélasco confondra aussi des lumières clignotantes d’un avion  avec les photographies des restes de  ladite fusée.
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Puis en 1993, il commet un ouvrage en collaboration avec Jean-Claude Bourret, ce qui termine d’achever une réputation déjà malmenée. Le livre « Ovnis, la science avance » expose la probabilité que des extraterrestres habitent dans notre Système solaire, dans des planètes creuses artificielles… Enfin en 1997, Jean-Jacques Vélasco répond à l’appel de l’astrophysicien américain Peter A. Sturrock, brillant scientifique britannique ayant reçu maintes distinctions, qui voudrait initier une grande enquête scientifique sur les ovnis. Le français prête son équipe du SEPRA à la mission : Jacques Vallée, François Louange, Gabriel Véraldi. L’enquête est  financée par le mécène Laurance S. Rockefeller.

Un nouveau rapport Condon corrigé par des croyants ?

Une grande rencontre des différentes équipes, américaines et européennes, a eu lieu à Pocantico au Nouveau Mexique en septembre 1997 et a fait le point sur la valeur d’une multitude de témoignages, en une semaine de colloques. Un ouvrage en a été tiré, écrit par Peter A. Sturrock, qui se présente sous la forme d’un rapport de près de mille pages, rapport trahissant une  rancœur tenace vis-à-vis du rapport Condon de 1968. La traduction française de ce pavé, en novembre 2002 (5),  comptera seulement…334 pages. On respire… Comment en effet digérer 1000 pages d’une collection de visions, de témoignages tous bâtis sur le même modèle, d’analyses de photos plutôt simplettes, qui peuvent être des objets bien de chez nous ?!  Page 225, l’auteur nous met sous les yeux une photographie prise par un très crédible pilote de la Royal Canadian Air Force, et soudain ce que vous preniez pour un petit nuage tout rond et très lumineux, voguant parmi ses pairs, mais ayant la déraison d’être différent, se retrouvera catalogué au rang d’ovni ! Le livre de Sturrock raconte aussi que des gens sensés étudient des débris de ferraille au sol, débris auxquels on cherche à faire avouer qu’ils  sont issus d’une « autre » intelligence, mystérieuse. On leur trouve des composés minéraux extraterrestres, démentis par des laboratoires…démentis aussitôt démentis… Il est amusant de constater que des ufologues qui analysent des morceaux de métal tombés sur Terre pensent qu’ils constituent une preuve directe. On lit page 64 du livre de Sturrock :

« Le métal était, a-t-on rapporté, d’une pureté trop extrême pour avoir été le produit d’une technologie terrestre. »

Comment d’emblée prendre au sérieux ce leitmotiv de toute mythologie : celui de la pureté originelle, inaccessible aux pauvres humains ? Où est la place de la science dans ces idées ? De ces trouvailles chiffonnées, les « enquêteurs » déduisent qu’un véhicule extraterrestre a explosé lors de son arrivée dans l’atmosphère. Pas de chance tout de même ! Voici des êtres venus de très loin, ayant dépassé l’impossibilité einsteinienne des voyages dans le temps et l’espace, et qui « pètent un câble », bêtement, dans notre ciel bleu ! Mais il est vrai que la sécurité routière nous le répète maintes fois : c’est dans la dernière partie des voyages que le risque d’accidents est le plus grand ! Nous aurions donc quelque chose  à leur apprendre ? Doit-on leur dire que nous avons beaucoup de déchets dans notre atmosphère ? Éplucher des clichés enfantins, décortiquer des dessins naïfs, analyser du métal fumant avec fébrilité, tout cela ressemble fort à des attitudes magiques de fétichisme. Comme dans toute quête paranormale menée par descroyants, les études sur les ovnis ne mènent jamais nulle part, et l’immobilisme les caractérise comme il caractérise tout ce qui ne se base pas sur la recherche rationnelle.

Le service de monsieur Vélasco est donc le camouflage scientifique d'une activité paranormale. Et il est bien assuré. Pour preuve, le discours stérilisé de monsieur Vélasco sur le site web du CNES. Extrait : « En tant qu’organisme scientifique, ce n’est pas dans notre rôle de prendre parti dans de tels cas inexpliqués, encore moins dans le débat sur l’existence ou non d’extraterrestres. » 
C’est pourtant dans une émission TV sur les extraterrestres (À tort ou à raison, lundi 13 janvier 2003), qu’on verra François Louange, co-équipier de Jean Jacques Vélasco dans les enquêtes du colloque de Pocantico, et récemment auditeur du SEPRA pour le CNES (Le Figaro du 24 novembre 2002). Dans cette émission, François Louange n’était pas aux  côtés des deux scientifiques présents (Pierre Couturier, président de l’Observatoire de Paris et Charles Frankel, géologue et planétologue), mais aux côtés d’un ufologue avéré, Gildas Bourdais, et de Jean-Pierre Petit, astrophysicien et vulgarisateur de génie mais en partance  pour un autre monde qui nous épie.

Un nouveau service ?

De 1988 à 2005, le SEPRA, comme le GEPAN avant lui, n’a pas avancé. Pour les ufologues, rien de tangible n’en est sorti. Pour la science, ce fut le vide complet.  Le SEPRA a été mis sur une voie de garage en 2004, puis fermé en 2005. Le Groupe d’Études et d’Informations sur les Phénomènes Aérospatiaux (GEIPAN) l’a remplacé en 2007, avec l’ouverture d’un site web répertoriant les témoignages et enquêtes de feu SEPRA. Je vous en parlerai dans un autre billet !  
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Cet article est déjà paru en 2003 dans le numéro 57 de Science et pseudo-sciences (AFIS). Mise à jour pour ce blog le 25 novembre 2007. Illustration en début d'article : José Tricot. Cliparts issus de Microsoft Office Online 
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1 Lettre consultable sur la page web suivante : http://raceovni.ifrance.com/raceovni/doccu/letresept.html?

2 Voir  article « Soucoupes volantes, le complot des mordus », dans SPS n° 162 de juillet-août 1986. Le rapport Condon a été édité par le CNAS (National Capital Area Skeptics) dans une version électronique accessible sur   http://ncas.sawco.com/condon/

 

3 Étude scientifique des fluides conducteurs en mouvement sous l'influence de champs magnétiques ou électriques, toujours explicitée et défendue par l’astrophysicien J.P Petit. La MHD permet l’abolition de la vague d’étrave pour les bateaux et du mur du son pour les avions. Voir : http://www.jp-petit.com/science/mhd/mhd_fr.htm

 

4 Article paru dans «  International Ufo review », numéro hiver 2000-2001, traduit par Gildas Bourdais, grand gourou de l’ufologie.

5  Peter A. Sturrock, La science face à l’énigme des ovnis – l’enquête la plus probante jamais menée – Presses du Châtelet

Publié dans Ufologie

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agence web 12/10/2009 15:45



Pour moi les apparitions d’ovni que l’on peut prendre au sérieux ce n’est même pas 3% des cas.


Maintenant il faut déterminer pourquoi vient il nous voir et pourquoi ne rentre il pas en contact avec nous ?


Il vient nous voir peut être pour déterminer si une planète est viable, s’il y a de la vie et quel est le niveau de technologie.


 Nous faisons les mêmes recherches d’exo planète viable pour l’humanité avec nos télescopes évolués.


Pour moi les ovni sont des formes de vie artificielles intelligentes, plusieurs avantages de longs voyages possible plusieurs vaisseaux car beaucoup de planètes a visiter.


Il est aussi possible que la civilisation qui les a envoyés ait déjà disparue.


Alors pourquoi ne rentrent ils pas en contact, plusieurs possibilités :


Le protocole l’interdit (star trek).


Leurs perspectives sont hostiles.


Evite d’apporter une technologie à une espèce belliqueuse…




Agnès 01/03/2008 09:13

Merci pour ce lien ! je suis en train de lire le livre que vous indiquez. Il est très intéressant. J'en ferai une note pour ce blog dès que j'aurai fini.Encore merci !Agnès

Francine CORDIER et Patrice SERAY 01/03/2008 08:49

Bonjour et merci encore pour votre blog.Nous nous sommes permis de le mettre dans les liens permanents du forum Ufo-logic.Concernant le GEIPAN, nous ne pouvons que rappeler la sortie du livre "les ovnis du CNES - 30 ans d'études officielles 1977 - 2007" de David Rossoni (Archiviste diplômé en histoire), Eric Maillot (Professeur des écoles, collaborateur du laboratoire de Zététique, Eric Deguillaume (généalogiste, Président de l'observatoire Zététique).Ce livre est en parfaite osmose avec votre blog.Cordialement et encore félicitations.