La tête dans les poubelles

Publié le par Agnès Lenoire

11 000 satellites ont été expédiés au-dessus de nos têtes depuis Spoutnik entre 1957 et 2002. 8500 débris de plus de 10 cm circulaient en orbite basse en 2002.  En 2016, leur nombre a doublé !

 

Image CNES

Ajoutez à présent 500 000 objets dépassant 1 cm. Volontaire ou accidentelle, la production de déchets spatiaux, issue de l’activité humaine dans l’espace, s’évalue en millions d’objets (100 millions de plus de 1 mm !). Tuyères de fusée, boulons, batteries, écailles de peinture, derniers étages d’Ariane, ce sont les intrus de notre banlieue terrestre, se promenant en toute impunité entre 200 et 36 000 km d’altitude !

En 1996, le satellite Cerise a été détruit par un des 700 débris issus de l’explosion du troisième étage d’une fusée Ariane lancée en 1986. Il arrive que les résidus s'auto alimentent  : lorsqu'un débris percute un objet, l'impact peut engendrer un centaine de fragments. Ceux qui entrent dans l’atmosphère subissent le même sort que les météorites filles d’astéroïdes : ils se désintègrent dans une jolie lumière s’ils sont peu massifs. 

 

Un danger réel

D’autres restent là haut, menaçant constamment la belle flottille qui assure notre confort, comme les satellites géostationnaires, à 36 000 km, dédiés aux communications, ceux en orbite polaire vers 2000 km qui observent la Terre, sans compter la station ISS installée en orbite basse entre 330 et 420  km.

En France comme en Amérique, on surveille ces intrus. À St Michel l’Observatoire, l’observatoire de Haute-Provence abrite, parmi ses treize coupoles, un télescope qui suit les plus petits déchets spatiaux.

 

Image CNES

Des objets difficilement identifiables

Que les observateurs d’ovnis se le tiennent pour dit : quand ils voient de drôles d’objets, ronds, carrés, triangulaires, se déplacer bizarrement de façon erratique, il y a de fortes chances pour qu’il s’agisse de nos ordures !!...

Les ufologues avancent souvent les témoignages de pilotes d’avions ou même d’astronautes, arguant leur connaissance du milieu. Mais la connaissance du milieu se heurte ici à la grande variété et à l’aspect déstructuré des objets. Leur vitesse et leur course sporadique souvent évoquées se justifie par les rebondissements sur les hautes couches de l’atmosphère.

 

Tous ces débris qui nous induisent en erreur vont se jouer des investigations pointilleuses et rigoureuses des ufologues qui courent après les soucoupes volantes. Aucun d'entre eux ne risque de répondre à un modèle, à une classification, trop difficile à établir quand on a affaire à des objets multiformes, fugitifs et insaisissables.

Quand on constate, sur le web par exemple, la multiplicité des témoignages de visions d’ovnis, on se dit que l’augmentation du nombre de ces témoignages sera certainement proportionnelle à celle du nombre de nos résidus technologiques.

L’angoisse de l’invasion va alors nous saisir ! Avec raison d’ailleurs, car si on recadre le problème, les vrais extraterrestres, pièces de bric et de broc, production humaine superbement ignorée, représentent LE danger.

L’Homme est capable de toutes les contradictions, comme se fabriquer, alimenter un mythe et ne pas même le reconnaître !

 

 

 

 

Publié dans Sciences

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