Passer par le nord

Publié le par Agnès Lenoire

Passer par le nord

Isabelle Autissier, Erik Orsenna de l’Académie Française.

Passer par le Nord – la nouvelle route maritime.

Éditions Paulsen, 2014.

Isabelle Autissier et Erik Orsenna n’en sont pas à leur première épopée ensemble. En 2006, ils sont allés ensemble en Antarctique et ont raconté leur voyage dans Salut au Grand Sud[1] .Cette fois, dans Passer par le Nord, Isabelle et Erik font cap vers l’océan glacial Arctique. Le but : raconter la conquête de ces eaux par les hommes, expliquer la géographie, les courants, la difficulté des êtres vivants à se perpétuer, enfin cerner les enjeux du réchauffement climatique dans cette région.Dès 1552, les anglais rêvent d’une route plus courte vers la Chine et commencent à avancer vers le nord-est. Les hollandais prennent la suite et en 1595, Barents, marin avisé et cartographe, atteint le 80e parallèle mais y laisse la vie.

C’est à un suédois, Nordenskjöld, en juillet 1878, que l’on doit de parvenir au détroit de Bering. Menant des études scientifiques, et ayant ainsi trop tardé, il se retrouve bloqué dans les glaces en septembre 1878, avec ses 20 hommes d’équipage. Qu’à cela ne tienne, Nordenskjöld décide de passer l’hiver sur place, au milieu des glaces, par – 40°. Il réussira. Enfin, le 28 juillet 1879, il dégage son navire des glaces et gagne prudemment Bering, avec des détours selon les courants, pour atteindre Port Clarence, premier port du détroit, côté Alaska. La gloire de Nordenskjöld est toujours célébrée en Suède.

Il n’y a pas que des héros dans l’océan glacial Arctique : les chasseurs s’y sont succédé à un rythme si intense qu’ils ont dépeuplé certaines îles d’une grande richesse biologique. Au XIXe siècle, plus aucun ours, ni phoque ni morse ne s’y trouvait plus. Et puis cette partie du monde est très polluée en métaux lourds. Pour plusieurs raisons : la Russie déverse ses déchets par ses fleuves, sans aucune épuration, des mines sont exploitées en bordure de Sibérie orientale, et la complexité des courants à l’œuvre autour du pôle apporte les pollutions des autres mers.

L’avenir de cette route maritime ? Tous les industriels de tous les pays espèrent que le réchauffement climatique permettra de prendre cette route plus facilement grâce à la fonte des glaces, déjà bien amorcée. L’an dernier, 72 cargos l’ont empruntée. Très peu de personnes songent aux conséquences d’une augmentation du trafic sur l’écosystème très fragile que représente ce coin du monde.

Michel Rocard avait initié, avec succès, un moratoire jusqu’en 2048 pour la préservation de l’Antarctique. En tant qu’ambassadeur des pôles depuis 2009, il a dû prendre une nouvelle fois son bâton de pèlerin à la COP 21, pour que l’océan Arctique échappe à l’avidité croissante des industriels et des états. Sans doute en vain, puisqu’aucune info sur cet aspect ne nous est parvenue après la clôture de la conférence.

Sur le site des éditions Paulsen, découvrez 25 minutes de vidéo sur la préparation de leur voyage.

 

[1] I. Autissier et E. Orsenna, Salut au Grand Sud, éditions Stocke, 2006.

Publié dans Notes de lecture

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