Les pluies de fils blancs sont-elles issues d’épandages volontaires ?

Publié le par Agnès Lenoire

Les pluies de fils blancs sont-elles issues d’épandages volontaires ?

En octobre et novembre en France ou en Italie, au printemps en Australie ou Nouvelle-Zélande, mais aussi au Brésil, des pluies de fils blancs tombés du ciel recouvrent soudain le paysage de manière spectaculaire.

Le Dauphiné Libéré du 8 novembre 2013 rapporte des témoignages en Drôme et Ardèche, Le Figaro et l’Express en Australie, le site Maxisciences en Nouvelle-Zélande. Les trois journaux précisent que les témoins s’inquiètent. On parle d’ovnis, ou bien encore d’épandages - volontaires ou non - issus des réacteurs d’avions, phénomène appelé « chemtrails ». Les chemtrails ont leur association, ACSEIPICA, qui dénonce des déversements chimiques de polymères dans les traînées derrière les avions, mais aussi leur laboratoire, ANALYTIKA, qui abonde dans leur sens en relevant de la pollution sur les fils blancs récoltés. Pour plus de détails sur les chemtrails, vous pouvez lire mon article de 2008 ici.

Mais revenons aux fils blancs qui nous tombent dessus. L’ACSEIPA les accuse d’être des produits déversés intentionnellement des avions. Le labo ANALYTIKA les a donc analysés pour en avoir le cœur net. Le résultat ? Le labo a trouvé des polluants, des composés d’origine synthétique, et des perturbateurs endocriniens ! Rien que de très normal pour des fils voyageant parfois très loin dans notre atmosphère, sachant que l’air qui nous entoure n’est « pas très pur »… La contamination par les polluants de l’atmosphère est donc inévitable et à prendre en compte.

Mais que dit la science sur ces fils ?

Alice Michaud, aranéologue à Lyon, explique qu’il s’agit de fils de dispersion utilisés par une espèce d’araignées pour changer d’habitat en se laissant porter par les courants d’air au bout de leurs fils. « En s’agrégeant dans l’air, ces fils, plus fins qu’un cheveu, peuvent former des fils plus épais. », précise la jeune femme (extrait du Dauphiné du 9/11/2013).

« Des explications savantes sont venues de l'Australian Museum de Sydney, par la voix du naturaliste Martyn Robinson. Ce dernier a démystifié l'événement en précisant qu'il s'agissait là d'un phénomène migratoire assez courant chez les bébés araignées » (extrait du Figaro du 19/05/2015).

Le petit magazine La Hulotte raconte aussi : « Les jeunes épeires diadèmes, par exemple, peuvent voler ainsi au bout de leur fil sur une distance de 2 mètres… ou jusqu’à 1000 kilomètres, puisque d’après Alain Canard, éminent spécialiste des araignées, on a trouvé des jeunes à 1000 kilomètres de la terre la plus proche ».

Ce qui est décevant, c’est que le labo ANALYTIKA n’ait pas analysé la structure des fils, ce qui aurait levé le doute, mais seulement leur contamination chimique. La structure d’un fil d’araignée est cristalline (pour la solidité), en alternance avec des zones amorphes (pour la souplesse). Elle est faite de protéines, dont une, la fibroïne, est un polymère. Pour des renseignements techniques plus affinés sur le fil de soie des araignées, lire le blog d’une ingénieure et docteure en chimie ici. Mais au fait, que dit l’ACSEIPICA de la composition des fils tombés des avions ? : juste que ce sont des polymères. Et oui…

Ces fils sont des « fils de la Vierge », ces fils de soie de petites araignées, depuis très longtemps observés par les jardiniers et les agriculteurs habitués aux facéties de la nature, mais dont on oublie souvent que ses manifestations peuvent être explosives et spectaculaires.

NB : la photo d’araignée en illustration de cet article est une Lycosidae, elle n’est pas de celles qui s’envolent !

Publié dans Mythes

Commenter cet article

voyance gratuite en ligne par mail 28/12/2015 11:21

Merci pour ce très bon site, vraiment un panaché de bonnes et intéressantes idées. Surtout continuez ainsi. Bon courage .
Cordialement .